vendredi 20 octobre 2017

Keeping Up with the Kinslanders

La Métamorphose de Narcisse, par Salvador Dali

On me dit, au sujet de mon Questionnaire de Proust« Il semble que vous reveniez à la veine ultra-narcissique des grandes heures » et je ne sais pas du tout comment je dois le prendre.

Ce blog est presque exclusivement constitué d'extraits de mon Journal : forcément, j'égoïse du début à la fin ! Si l'on partait du principe que « le moi est haïssable », tenir un Journal serait ennuyeux. Et le lire mortellement ennuyeux.

Notez, nous avons bien imaginé placer des caméras dans toutes les pièces du Château, afin de produire en ligne le show de téléréalité Keeping Up with the Kinslanders. C'eût été, en outre, un moyen radical de s'assurer qu'aucun de nos invités d'Halloween n'oublie d'apporter un masque. 

Nous avons dû y renoncer, hélas, pour différentes raisons techniques, dont la principale a pour nom, dans le jargon des vidéastes : « Grosse angoisse à l'idée que les villageois du coin se pointent à la grille avec des fourches et des torches en criant "au bûcher les païens" »

Ce qui m'amène à la question du jour : pourquoi autant de nuages gris ce matin ?!? On ne devrait confier les commandes du système HAARP qu'à des esthètes. Si je suis l'ultra-narcisse que vous dites,  la vie est pour moi une scène ; et si la vie est pour moi une scène, j'exige un meilleur éclairage. 

***
                                                                                      
Wodenson dit du peuple blanc : < Nous sommes notre pire ennemi… Nous sommes une race qui sollicite et encourage sa propre destruction > (Portes de l’Esprit, §1).

Un ami cher – très officiellement cardiologue, bien qu’il soit plutôt carabin à vie – me disait l'autre jour, en illustration de la chose : « Lorsque j’ordonne une médicamentation lourde à un patient, la première chose qu’il fait en rentrant chez lui est d’en consulter la notice, mais uniquement afin de s’informer des « effets secondaires », par pur masochisme morbide… Il a hâte de savoir en quoi ce remède peut lui nuire… »

Bien sûr, le sens de sa remarque était : l’ordre des médecins ne s’est pas donné la peine de brûler toutes les sages-femmes pour n'être pas obéi aveuglément aujourd'hui et, puisqu’un homme gravement malade s'empresse d'absorber tout ce qu’on lui prescrit, qu’importe qu’il en connaisse ou non les « effets secondaires » ?

Selon moi, le goût spécifiquement blanc des « effets secondaires » vient des années soixante, comme la pédale fuzz : c’est très précisément pour leurs effets secondaires que nos parents boomers pratiquaient le LSD et les vasodilatateurs antiparkinsoniens. 

Cela dit, le système finit par se mordre la queue : les coupe-faim actuels ont, sur les corps des femmes qui en prennent pour maigrir, des effets secondaires si déformants et irréversibles qu’elles feraient aussi bien de rester grosses de toute façon, aucun homme n’aura plus jamais envie de les voir nues.

Sur ce, je suis las. Puisse votre Cœur de Semaine être béni à tous les plans imaginables de l'existence – je vous aime tous – et n'oubliez pas : Vous avez besoin de magie tous les jours.

jeudi 19 octobre 2017

Julia Migenes a créé un monstre


Throwback Thursday ! Je suis brusquement sorti de l’enfance, à l’âge de douze ans, sur une piste de ski où je travaillais mon stawug, en voyant une coupure de journal, abandonnée dans la neige, où figurait la célébrissime photographie de Julia Migenes, dans le rôle de Carmen, en train de rouler un cigare sur sa cuisse.

C’est pourquoi l'arrivée simultanée, ce matin, des deux questions suivantes – pour rigoureusement eddiques et Forn Siðr qu'elles soient – me ravit :

Primo : « Un Kinsland ne peut s’établir n’importe où, Sir. Il lui faut le climat d’Europe. Si nous sommes à Bora Bora, qui s’attachera encore à Skaði, laquelle est, avant tout, championne de ski de fond ? »

Lol :)
 
Secundo : « Si Ostara correspond, dans l’ordre de l’année, à la naissance dans l’ordre de la vie, pourquoi enchaîne-t-on directement sur la Saison Sainte, qui, elle, correspond à la puberté ? Où sont passés les années d’enfance ? [Note – J’ignore absolument si mon correspondant s'est rendu compte qu'il énonçait, par cette dernière phrase, le drame essentiel de la condition humaine.] »

Ainsi donc, il est écrit que, jusqu'à la fin, les idées de « puberté » et de « ski de fond » seront pour moi inextricables !! Julia Migenes a créé un monstre. Ou, du moins, un Helluvah Holy Guru. Et, même à Bora Bora, j’allume une bougie pour Skaði quand j’écoute Carmen.

Julia Migenes en Carmen - et rien ne fut jamais plus comme avant...

mercredi 18 octobre 2017

Mon Questionnaire de Proust

- Quelle qualité préférez-vous chez un homme ?  

- La capacité à percuter instantanément. Ma philosophie personnelle se résume à : « ici et maintenant ». Tout le monde semble militer aujourd'hui en faveur de la perte de temps maximum. Or, je ne me lasse pas de le répéter : si vous pensez qu’une seconde n’a pas d’importance, parlez-en à la jeune fille qui vient de manquer d’une seconde la médaille d’or aux JO. Si vous pensez qu’un mois n’a pas d’importance, demandez la valeur d’un mois à la femme qui vient de mettre au monde un prématuré.

- Quelle qualité préférez-vous chez une femme ? 

- La femme idéale a un QI de 150, un corps de déesse, elle veut faire l’amour jusqu’à quatre heures du matin, puis se métamorphose en soupe à l’oignon.

- Quel est votre trait de caractère principal ?   

- J’ai un genre d’enthousiasme belliqueux ou de belliquosité enthousiaste – je ne sais pas pourquoi, mais ça me rappelle toujours cette escort que j’avais engagée, et dont j’avais découvert par la suite qu’elle était en prépa Polytechnique...

- Qu’appréciez-vous le plus chez vos amis ? 

- Qu’ils ne se soucient pas du trésor enterré au pied de l’arc-en-ciel que nous gravissons. Et le sens de l’amitié est primordial :  j'ai de quoi boire ? mes copains ont de quoi boire ; j’ai des clopes ? mes copains ont des clopes ; j’ai des femmes splendides ? mes copains ont des clopes. 

- Quel est votre principal défaut ? 

- Les gens trouvent étrange mon rapport aux femmes. Ils ont tort. La polygynie, c’est l’esprit de famille. J’ai potentiellement fondé cinq ou six familles dans la seule année 2012. Bien sûr, nous avons tous nos vices : contrairement à la croyance commune, je n’estime pas être parfait : s’estimer parfait est un défaut, et je n’ai pas de défaut. Mais il faut savoir se ressaisir. Le truc est de trouver les quatre ou cinq mauvaises habitudes autodestructrices que vous préférez, et de s’en tenir à celles-là. 

- Quelle est votre occupation favorite ?  

- Les femmes sont mon hobby : comme tous les hommes, j’ai besoin de m’occuper les mains et la plupart des bonnes tables de Hold’em n’ouvrent que le soir. Autrement, j’aime bien citer Voltaire devant mes copains ricains, parce qu’ils croient que Voltaire est une marque de climatiseurs.

- Quelle est votre idée du bonheur ? 

- Il y a deux règles pour vivre heureux. La première, c’est de n’accorder aucune importance aux soucis mineurs. La seconde, c’est que tous les soucis sont mineurs. Un mien oncle me demandait récemment si les visées Zuger sont « révolutionnaires ». La réponse est non… pas révolutionnaires à proprement parler… S’il fallait que je résume ici ce en quoi consistent précisément mes ambitions personnelles, le destin auquel j’aspire, l’idéal de réalisation et d’accomplissement vers lequel tend mon être, et pour lequel je me sens prêt à « m’engager », quoi qu’il en coûte, « dans une démarche sacrificielle », je dirais :  une Häagen Dazs amaretto almond crunch.

- Quelle est votre idée de la misère ? 

- L’actuelle soviétisation judéo-christiano-pudibonde des mœurs – le monde vu comme la célébration d’un rite abrahamique dans un kolkhoze polonais non-fumeur. Tout ça impose aux derniers résistants le devoir moral de savoir se lâcher – je veux dire : le romantisme de la défaite, en tant que mise en scène de soi, est toujours exaltant – mais il faut une compensation – bataille le jour, soit ! – mais festin la nuit – Tôt ou tard, si déchirant que cela paraisse aux pédés refoulés tendance film de gladiateurs, c’est l’heure du festin, et il faut quitter la caserne, sa camaraderie virile et ses odeurs d’embrocation, pour rejoindre les filles – nous sommes des Francs barbares et non des hoplites gays  – c’est pourquoi nos pères ont conquis le plus beau royaume qui soit sous le soleil, et ne se sont pas contentés de mourir en jupettes aux Thermopyles avec, pour récompense, la seule satisfaction d’inspirer à Hollywood son plus calamiteux film de propagande – Peu importe que vous portiez un béret basque ou les cheveux mauves – peu importe que vous ayez une alliance au doigt ou un piercing au clitoris –  tôt ou tard, c’est l’heure de la fête – et je ne parle pas grosse rigolade beauf, ni snobisme mondain – je veux tout simplement dire : « Allons boire un pot, bordel !»  
           
- Qui d'autre que vous-même voudriez-vous être ? 

- La goudou de Gina Carano. Ça me rappelle la fois où je me suis fait virer comme un malpropre d'une boîte de gouines bordelaise, appelée l’Antheus, pour avoir posé, au bar, la devinette suivante : « Combien faut-il de lesbiennes pour changer une ampoule ? – Deux : une pour changer l’ampoule et l’autre pour me sucer la bite ». C’était le bon temps ! En 2010, certains de mes lecteurs ont fait courir le bruit que j'étais probablement une hypostase de Wotan : ne prenez pas cette histoire trop au sérieux : si j’étais réellement un avatar du magicien suprême, les trois-quarts d’entre vous seraient des filles et les autres des bouteilles de Dom Pérignon.
  
- Où aimeriez-vous vivre ?    

- Dans la société de nos Ancêtres, celle que les universitaires appellent « préchrétienne ». Tout  y était, en fin de compte, organisé de manière à vous donner envie de boire, de danser et de faire l’amour. La société postchrétienne vous encourage à boire du lait, à conduire une Nissan et à préserver la vitalité de votre relation de couple.
                                                                                   
- Quelle est votre fleur préférée ? 

- Vous n’êtes pas Zugger tant que vous ne savez pas orthographier Rhododendron                  

- Quel est votre héros dans la fiction ?

- Nous jouions l’autre jour à une version custom du Portrait Chinois, et on me demandait quel personnage de fiction me définissait le mieux. J’ai répondu : « Dark Vador. Parce qu’on n’est pas près d’en avoir fini avec moi, et qu’il est tout à fait possible que je sois ton père biologique. »
                                                                                                        
- Quel est votre héros dans la réalité ?

- Mon papa, gestionnaire du patrimoine familial : il est l’idole de certains jeunes brokers. Il disait récemment au plus arriviste d’entre eux : « Tu sais que tu as fait fortune lorsque tu peux épeler le mot « assignation » sans réfléchir ».   
  
- Quels sont vos plats et vos boissons favorites ?

-  Fix m’a initié naguère à ces restaurants où l’on se compose soi-même une salade en puisant à volonté dans un buffet géant – on peut réellement y bâfrer autant qu’on le souhaite, et nous n’avons pas lésiné ! –  à tel point, d’ailleurs, que j’ai failli me trouver mal tant j’étais calé, gavé, repu, et qu’il a fallu un tournedos Rossini, des pommes de terre sautées et un Château Latour 2002 pour me remettre d’aplomb.  
          
- Quelle figure historique détestez-vous le plus ?

-  Macarthur, « vainqueur d’Hiroshima et de Nagasaki »,  roulant des mécaniques en chemise à manches courtes devant Shōwa Tennō, 124ème Empereur du Japon. Il évoque immédiatement le mot d’Hunter S. Thompson sur ses compatriotes : « Nous, Américains, sommes la lie de l’humanité, et c’est ainsi que l’histoire nous jugera ».
                                                                                           
- Quel fait militaire admirez-vous le plus ?

- Oh, mes idoles ont toujours été des gens comme Alexandre, Hannibal, Napoléon, et le type qui a inventé le panini. 
     
- Quel talent aimeriez-vous avoir ?

- Être sportif. J’ai bien essayé de faire du jogging mais les glaçons n’arrêtaient pas de tomber de mon verre. 
   
- Comment aimeriez-vous mourir ?

- Oh, j’ai le temps de voir venir ! On nous a enseigné à l’école, lors de  « campagnes de prévention », que le cerveau cessait instantanément de se développer dés que l’on prenait de la cocaïne. Je suis donc actuellement âgé d'environ quinze ans.
                                                                                          
- Quel est votre présent état d'esprit ?

- J’ai dépassé ce stade du Syndrome de Peter Pan. Psychologiquement, j’ai réussi à sortir de l’enfance. A atteindre la puberté. Résultat : mon enfant intérieur se masturbe constamment.

- Pour quelle faute avez-vous le plus d'indulgence ? 

- Celles des newbies wannabe trolls maladroits en ligne : j’ai reçu un commentaire anonyme qui me reprochait de ne pas dire mon nom. Rien n’est plus drôle à lire que : « Je parie que tu n’auras pas les couilles de dire ton nom, signé : Anonyme ». Parlant de couilles, je reçois aussi les épîtres violents d’un névropathe fétichiste shumulomane, qui font invariablement état du projet de me « couper les couilles », de m’« arracher les couilles », voire de me « faire bouffer [mes] couilles » – ce qui m’amène à me demander : quelle sorte de couilles ce bénéficiaire de COTOREP, victime de l’exclusion, issu de la diversité, –  ou, pire encore, d’Europe de l’Est, – m’imagine t’il ?... Quel genre de testicules le hante dans son sommeil ?... S’agit-il de burnes à turbopropulseur, qui roulent, inexorables, telles deux monstrueux trente-six-tonnes dans la nuit, écrabouillant sur leur passage les monospaces et les utilitaires, surgissant devant sa cité de racailles ou son humble chaumine, broyant sa voiture sans permis, aplatissant son fidèle labrador, lequel n’a, pour donner l’alerte, que le temps d’émettre un bref, glorieux et retentissant « pouic ! » de canard en celluloïd ?...  Ou bien de burnes d’assaut, surentraînées, hyper-mobiles, compactes et hautement manœuvrables, qui, en ce moment-même, rampent sous les barbelés d’un camp de terroristes, prêtes à faire irruption au centre névralgique d’un repaire taliban ?...  Je ne puis que me perdre en conjectures…
                                                                                       
- Quelle est votre devise ?

-  Ce que tu ne sais pas faire dans une chemise fuchsia et des pantalons mauves, monté sur un frison, tu ne sais pas le faire du tout.

mercredi 1 février 2017

Balancement de l'Ours


Question reçue il y a un certain temps déjà : « Que signifie le balancement pendant les rites (Boð, prière, etc.) ? »

Certains disent que le balancement traditionnel pendant l'Oraison vient de celui que l'on observe chez l'ours figure symbolique du chamane et qu'il est l'origine du surnom Brúnn (= l'Ours), donné au grand Wotan, notre maître (ÓN, 6).  

D'autres, qu'il représente le « vacillement », le « tremblement » de la lance Gungnir, dont le nom signifie : « en train de chanceler ». 

D'autres, enfin, qu'il s'agit d'avoir recours au pouvoir d'Ōthala ᛟ : enflammer le cœur par le mouvement du corps Saγwú : < Agissez toujours comme si vous étiez en état de Uva, et alors la Uva vous sera accordée >.

Premier jour de février ! L'ours balance encore, quant à sa sortie... Mais c'est aujourd'hui la Veille de l'Imbolc : fini le temps où < la nature entière sommeille dans sa chasteté > (Lautréamont) ! A nous, dès demain, le lait et le miel ! à nous les crêpes en abondance !

Joyeux retour au monde. Bonne et heureuse année.

lundi 30 janvier 2017

Lointaine Guérisseuse

 La reine Yseult par Gaston Bussière

Désirer ! Désirer ! Désirer au-dedans de la mort, et non mourir de désir ! La mélodie qui ne meurt jamais appelle à présent avec ardeur, pour le repos de la mort, la lointaine guérisseuse. – Tristan et Yseult, Acte III.

J’écrivais, l’été 2012 – été torride s’il en fut : « Un verre d’eau minérale pure, claire, glacée, peut, même pour un ivrogne de mon calibre, devenir, par temps chaud, un nectar extatique, qu’il convient de savourer, de déguster, avec autant de soin qu’un immense millésime... » (Too Much)

On sait qu’au temps des grandes Opérations, les Hugsuðir (Goðar de septième rang) affrontent la plus pénible des privations : la soif, et que les praticiens du Seiðr en général boivent aussi peu d’eau que possible. Il faut être sec et brûlant à l’intérieur pour côtoyer les démons du Niflheim.

Dans ce moment de l'Ascèse, on ne se désaltère qu’à la limite de son endurance. Celle-ci, du reste, augmente rapidement, à mesure que l’on se rend compte, par l’expérience, que ces épreuves solitaires causent un accroissement presque palpable de la force de conviction, du rayonnement, de la personnalité – du magnétisme, en somme.

La soif est le plus grand désir. C’est merveilleux de se languir, d’aspirer, d’avoir soif du Divin.

Plus grande est votre soif, plus grand votre plaisir lorsque vous accédez finalement à l’eau et buvez : le plaisir est, par conséquent, causé par la soif !

Il en va de même dans le cas de la sainte aspiration et de la langueur pour l’Un, qui sont les larmes d’or rouge versées par Freyja, donc la Voie d'accès à Fólkvang.

dimanche 29 janvier 2017

Mille ans


Le signe lunaire du Coq fut créé au moyen de la rune Ak ᚪ, et se rapporte donc à la Fondation d'Yggdrasil, ainsi qu'à l'idée de chêne millénaire : d'où la notion, connue de tous les skrealing d'extrême-orient (et vérifiée, en pratique, dans les cas des empires de Chine et du Japon), selon laquelle ce qui se fonde une Année du Coq dure mille ans Fondez un foyer, une hyrd, une communauté, un clan, une association ou un club cette année.

Ak correspond aussi au centre sexuel du corps et à la messa de Lugnasadh : l'année ne sera pas du tout triste, pour qui choisira de la vivre en mode « la fête tout le jour, l'amour toute la nuit ».  Rappelons que l'óhreint propre au peuple franc se situe précisément à ce niveau-là (« ces barbares francs saliens obsédés par les femmes... » (Grégoire de Tours)), raison occulte pour laquelle le Coq s'est imposé comme notre emblème national.

Saγwú : « Nous ne distribuons pas les cartes, mais nous pouvons plus ou moins bien jouer. » Or nous savons, depuis le 1er janvier, que l'an 2017 est signé par les runes Ul, Ūruz et Dagaz séquence qui peut se lire : « De Thulé, la Gyðja envoie sa Bénédiction » Reste à prier que le Coq dont il est question depuis hier ne soit pas le coq noir d'Éljúðnir (Ak correspondant au Helheim dans l'ordre des Mondes), mais bien Gullinkambi...

Les pokermen disent : « Meilleure est la main, plus elle est subtile à jouer. » Bonne, heureuse et fondatrice année lunaire du Coq de Feu à toutes et à tous ! :D

vendredi 27 janvier 2017

Le Dinosaure et le Caméléon


J'écrivais récemment :  

« C'est le premier principe de l'ethnobiologie que la capacité à survivre ne procède ni de la force, ni de l'intelligence, mais de "l'adaptabilité au changement" (responsiveness to change) : la "sélection naturelle" est exclusivement question de mise-à-jour : si intraitablement racialiste qu'il soit, le psychorigide est un untermensch, une sous-créature scorique vouée à l'extinction. »

A quoi un internaute répondit par la question suivante (dans un tweet supprimé depuis, et que je cite donc de mémoire) : 

« Qu'est-ce ce que cela implique concrètement et des limites doivent-elles être posées à l'adaptation ? »

Il est vrai que le mot « adaptation », qui comporte une nuance d'auto-nivellement résigné, n'est pas la traduction la plus exacte que l'on puisse donner de responsiveness...

« Réactivité », peut-être ?... mais une réactivité dépourvue de rebuffade... Ou alors : « bonne réaction »... « ajustement »...

Baste ! Pour cette nuit, dans l'intérêt de l’Étude, contentons-nous de responsiveness !

Cas fameux de responsiveness 

L'exemple vient de haut : le grand Wotan, notre maître, ne se déplace jamais qu'habillé en clochard, et se fit passer pour un remouleux yéniche, affublé d'un nom malsonnant, lorsqu'il entreprit de commettre le < casse du siècle des siècles > (Kennoal), j'ai nommé le vol de l'hydromel magique Son fils, le surmâle Asa-Thór, dut se travestir en femme pour reprendre Mjöllnir à la cour du roi Thrym...

Nous le savons, parce que Sæmund le Sage a consenti à se faire curé pour pouvoir compiler la Sainte Edda, et Snorri le Grand à se retirer dans un monastère pour rédiger la Gylfaginning.

Citons encore Helgi, tueur de Hunding, qui échappa à ses poursuivants en enfilant des haillons de serve et en se mettant à moudre, comme il est écrit (HH2, 1-4) ; Gísli Súrsson qui, lui aussi, se grima en esclave pour échapper à Börk ; et Håkon Sigurdsson le Puissant qui n'hésita pas, tout Jarl de Lade qu'il fût, à se cacher dans une soue à cochons.

Les exemples de crypto-wotanisme dans les monastères médiévaux sont innombrables, parce que la Siðvenja, en vertu de la Haute Parole < un mort ne peut rien faire > (, 71), autorise toutes les conversions de façade lorsque la vie est menacée ou (s'appuyant sur l'exemple du Skáldskapar Mjaðar) lorsqu'une religion étrangère en position dominante réserve à ses fidèles un accès exclusif aux études, aux professions ou à certains droits de résidence (considérations qui entraînèrent le très célèbre et surréaliste Althing de 999, où les plus grands Sages de l'époque, tous éminents prêtres du Siðr, et Mikill dans l'Edda, s'imposèrent à eux-même l'adoption du christianisme comme religion officielle de l'Islande) C'est ainsi qu'Hildegarde de Bingen, « la dernière Sage-femme », se fit si bien passer pour abbesse tenant son Registre Magique en Lingua Ignota (un alphabet secret, inventé par elle à cette fin) que les chrétiens la canonisèrent...  

Tout cela est pure responsiveness Wodenson (dont la Prophétie de la Pyramide démontre que les traducteurs de la Bible du roi Jacques étaient tous initiés à la Voie Ancienne), Wodenson, dis-je, résume ainsi ce principe essentiel  : < Quand l'ennemi est l'essence même de la fausseté, de la fraude, de la duplicité, de la ruse, de l'illusion, de la traîtrise et du mensonge, il faut affronter la réalité et le battre à son propre jeu > (Hier et Aujourd'hui, § 23).

Cas fameux de non-responsiveness 

Les dinosaures : durs-à-cuire dans leur genre, mais non-viables hors du Mésozoïque ; le requin : épitomé de sur-prédation, qui meurt aussitôt qu'on le sort de l'eau ; Laurent Ruquier qui, si l'on en juge par sa vision de Twitter, possède un minitel et un magnétoscope ; Anne Sinclair commentant l'élection de Trump ; etc.

***

A la question : « Quelle est la compétence indispensable à ceux qui veulent créer et défendre Kinsland ? », Wodenson répond : < L'aptitude à être un caméléon > (Déni de Réalité, §16) Spirituellement, c'est la même chose : le Wotaniste ne résiste ni ne se soumet au changement : il croque dans une pomme d'or et s'approprie la nouvelle formule à la manière de l'alt-right qui, en 2016, transformait systématiquement en slogans pro-Trump les insultes de la partie adverse

Toujours, dans l'Edda, se décèle l'intention de marquer l'anomie supérieure des Sages, irréductibles aux critères logiques et moraux ordinaires. Le grand Wotan, notre maître, est Vegtam, comme il est écrit (BD, 6 ; 13) : un errant, un irrégulier, un « marginal »  si ce mot galvaudé pouvait retrouver un sens. Mais c'est surtout un Magicien, dont le job est le surnaturel, c'est-à-dire < le naturel non encore compris ou révélé > (Pr, 8).

Loi Divine et Loi Naturelle sont Une (Pr, 2) : il s'agit de connaître la Nature, non pour la soumettre ou l'exploiter, mais pour en épouser les Jeux : on retrouve cette « psychosouplesse » dans l'Otswal, où l'intuition et l'expérience, mieux que l'analyse et le raisonnement, permettent de glisser d'une signification à l'autre. 

Ainsi entendu, le langage ésotérique, chiffré, de l'Edda, « langage crépusculaire », langage de Ragnarök, a par lui-même une fonction initiatique, en ce qu'il brouille les repères familiers du raisonnement pour éveiller le chercheur à une vision plus pénétrante. C'est là qu'il devient véritable poésie et, pour qui sait l'entendre, le < langage des oiseaux > que comprit Sigurd, lorsque aussi responsive qu'un Caméléon, il parvint à tuer Fáfnir le Dinosaure.

Bon et heureux Cœur de Semaine à toutes et à tous ! :D