vendredi 2 décembre 2016

Claire comme le Soleil


ᚱ. (Notes sur le Premier exemple wotanique (Billingsmær) trouvées dans un de mes vieux Registres.)

Há 96-97 : Sollicitation divine gratuite en vertu du principe < le feu est nécessaire au nouveau venu > (Há, 3) : L'animal, < tapi dans les roseaux > et < grelottant de froid > (= éloigné du feu, hyrr, donc des Secrets de l'Edda = éloigné du feu, donc de < ce qu'il y a de meilleur pour les enfants des hommes > (Há, 68), donc du Divin), se voit révéler yuna, la force blanche : on lui fait entrevoir la « belle au bois dormant », la partie divine de son âme, < claire comme le soleil >, encore assoupie (en attente de l’Éveil), mais dont la vue fait oublier tous les plaisirs de la consommation vulgaire : < il m'apparut que les délices de Jarl n'existaient pas >.

Há 98-99. Attente au calme et en silence : si l'on consomme immédiatement la lumière reçue, elle brûle sans éclairer, et le nouveau-venu devient un illuminé pas sortable : < il serait mauvais que l'on nous sache amants >. Attendre jusque < vers le soir >, i.e. attendre que la lumière descende.

Há 100.  La lumière descend au plan humain de l'âme, au plan rouge : < torches et flambeaux >. Alors : découverte de tout le chaos psycho-affectif interne, de toutes les contradictions de la pensée, de tous les mauvais traits de caractère apparemment insurmontables, etc. < la garde en arme, sur le pied de guerre >. Douloureuse désillusion.

Há 101. (More like Room 101 !!) Après une nouvelle attente, descente jusque dans les fondations de l'être, en Ak, niveau Helheim : là où < les gens sont tous endormis > et où se révèle la partie bas-de-gamme, la force noire de l'être, the beast inside, ultralambda donc soumise à Garm : < Je ne trouvais qu'une chienne de garde attachée au lit > : Les débuts du chemin spirituel sont toujours effrayants parce que l'irruption de lumière révèle la présence de dinosaures insoupçonnés dans les recoins sombres de la pièce.

Au final, < je ne l'ai jamais possédée > (Há, 102) : tout l'art consiste à ne pas consommer la lumière : dans nos Siðr comme dans nos vies, la Descente précède la Montée : patience ! les récipients sont blindés par la magie du will power, i.e. de l'attente : à présent, l'Ascension initiatique, le gravissement/ravissement, progressif et structuré, vers Gunnlöd et le Skáldskapar Mjaðar, va pouvoir commencer.

Donc : l'Initiation consiste à attendre. On fait un Serment, et l’on est confronté 24/7 à la possibilité de le rompre, jusqu’à ce que le temps de renouveler le Serment soit venu, et ainsi de suite : comme le Voyage a pour objet l'inclusion dans l'Infini, il est éternel : ce processus n’a pas de fin. L'erreur est toujours de se fixer un but accessible : la réalisation est la fin du Vouloir. L'homme n'est pas jugé < en fonction de ses accomplissements, mais seulement en fonction de sa volonté et de sa capacité à survivre > (Pr, 22), c'est-à-dire à continuer.

Le tout est de désirer la fille de Billing et d'attendre : seul le Vouloir importe. Les Thralls pensent que vouloir fort consiste à exiger d'obtenir vite. C'est l'inverse : le passage immédiat à la réalisation, à l'acte (le recours aux mains) atteste que le vouloir est faible (si tel n'était pas l'ordre de chose, les prolétaires, qui ne sont qu'action, existeraient individuellement et auraient une incidence sur le monde, au lieu que les Maîtres spirituels, qui ne sont que Vouloir et dont nous demandons que leurs Enseignements régissent nos vies, n'intéresseraient personne...). Plus le vouloir est fort, plus il y a attente. Et vice-versa. L'Initiation, comme le poker, est une interminable attente ponctuée de moments de frayeur.

jeudi 1 décembre 2016

Veillons jusqu'au Retour du Serpent à Plumes


. Relativement à l'étude d'hier, on me demande de préciser ce que j'entends par « désertion homosexuelle » et pourquoi je présente les Piliers d'Yggdrasil comme trois « troncs », alors que l’Edda les présente comme trois < racines > (Grím, 31 ; Gyl 15, 6).

Réponse : Les trois Piliers sont trois Racines, parce que le principe selon lequel l’Unité de l'Arbre (i.e. du Monde) procède de l'interaction invisible des trois Forces (< De l’Équilibre Initial (blanc) proviennent les forces opposées d’Expansion (rouge), puis de Contraction (noire) – Par l’opposition de ces deux forces (rouge + noire) renaît l’Équilibre initial (blanc) >), ce principe, dis-je, constitue le Secret d'Yggdradil, c'est-à-dire de tout l'Univers. Il arrive néanmoins que l’on simplifie, en parlant des Piliers comme de « troncs », pour que le schéma d'étude de l'Arbre-Monde soit immédiatement visualisable. C'est purement didactique.

Pour la « désertion » : Prenons, précisément, les choses à la racine : il est dit que le H de Hlióðs, premier mot de l'Edda, correspondait, à l'origine, au célèbre Phonème Perdu que les linguistes désignent par le sigle *ē2, et que nos Sages attribuent à la rune Eiwhaz ᛇ. 

La Première Rune – le Mystère Premier –  de l’Edda est donc Eiwhaz. Donc tout procède d’Eiwhaz. Donc toute la Formule de l'Existence – le sens de la vie – est contenue dans Eiwhaz. Donc la Nature essentielle d'Eiwhaz est le sens de la vie.


En vertu du Principe des Signatures, la forme de la Rune nous révèle cette Nature essentielle : Eiwhaz, rune de Mabon (« l’Homme Accompli »), rune de la Balance, i.e. de l’Ajustement et de l’Harmonie,  nous enseigne, donc, par ses deux crochets, que la connexion simultanée au Divin et à Erda – au Haut et au Bas – à la Sphère Spirituelle Infinie et à la sphère matérielle finie – à la Lumière Incréée et à la Terre créée – est le sens de la vie. 

L'agent de cette connexion étant Yggdrasil, < cet Arbre sagement édifié dont les racines plongent jusqu’aux entrailles de la Terre > et dont les branches < s’étendent au-dessus du monde entier et dominent le ciel > (Gyl 15, 5), Yggdrasil est le sens de la vie : connecter le Haut au Bas, l’Énergie Créatrice à la Mesure physique, le Masculin au Féminin, est ce en quoi consiste l'existence humaine (et c’est si vrai qu’en général, un bébé résulte de cette connexion).

Il y a donc, dans l'effort – i.e. l’Accomplissement – quotidien qu'impose l'Harmonie conjugale, dans le fait de s'Ajuster à son Contraire, une Ascèse, un Siðr, la Célébration rituelle du Mystère Primordial dont a jailli l'Existence : la résolution du binaire dans l'Unité, la résolution de la guerre universelle (il n’y a que la guerre, dit Tiwaz, tout ce qui vit est à jamais en guerre) dans la Paix. 

Or, le grand Wotan enseigne que réaliser la Paix n'est pas fuir la guerre, mais la résoudre (Há, 16). Déserter devant la guerre des sexes, devant l'effort d'Ajustement à son Contraire, en devenant homosexuel, est donc littéralement refuser la vie, tourner volontairement le dos, si j'ose dire, à l'Origine et à l'Objectif de l'Existence. D'où l'inversion Gar / Rag, et la déconnexion instantanée du Divin qu'entraînent les pratiques homosexuelles.

Le rag, déconnecté de la Source de toute vie, ne peut plus s'alimenter qu'à Erda, la matière, l'écorce. C'est la définition vaudou du zombie. Le rag est très exactement un mort-vivant : la Siðvenja le condamne aux marais (aux eaux stagnantes = aux eaux déconnectées de leur source) pour la même raison qu'elle condamne le déserteur à être enterré vif (à être comme Nídhögg) : quiconque refuse l'Aigle se retrouve avec le Serpent.

L'homme ne peut s’Accomplir, i.e. réussir son très court passage à Midgard, que s'il est connecté à l’Aigle et au Serpent, s'il associe les deux : l'Aigle ne doit pas dévorer le Serpent, ni le Serpent s'enfouir pour échapper à l'Aigle. L'homme est le Ratatosk de l'univers, et doit parvenir à ce qu’Aigle et Serpent fassent la Paix, réalisent l'Unité : c'est pourquoi la Völuspá s'achève sur l'image surréaliste, surhumaine, de Nídhögg s'envolant : la Fin, i.e. le but de toute l'affaire est la réalisation du < dreki fliúgandi (dragon volant) > (Vo, 66)*, la Fusion Serpent-Aigle, le Retour (i.e. la Remontée < neðan (de bas en haut) > (Vo, 66), cf. Ziu) du « Serpent-à-Plumes » (d’où l’importance de ce symbole à Mû, superstitieusement conservé, après le départ de Kukulkán-Cúchulainn, par les skrealing mésoaméricains sous le nom de Quetzalcóatl) : veillons jusqu'au retour du Serpent-à-Plumes : à la Fin, dit la Volva, tout sera si intégralement réparé que même Nídhögg rejoindra Gimlé.

Alu !

* Noter que 66, nombre final des Versets de la Völuspá, est l’âge qui, dans la vie humaine, correspond à Samhain, i.e. au milieu, i.e. au cœur, i.e. à la Nature essentielle de l’Automne, saison qu’inaugure Mabon, i.e. la Balance, i.e. Eiwhaz, rune, avons-nous dit, par laquelle commence la Völuspá.

mercredi 30 novembre 2016

La Règle du Jeu

Notre auguste reine Frigg, épouse du grand Wotan

. Reçu la question la plus génialement inattendue et de base que l’on puisse poser : « Pouvez-vous me donner une définition simple de ce qu'est le pilier de la rigueur sur Yggdrasil ? »

En tant que Wotaniste, j’éprouve une ardente affection pour ces merveilleux anti-cuistres que sont les poseurs de questions inattendues et de base. Il est écrit que Wotan considère < avec bienveillance > celui qui interroge < sans discernement >, i.e. sans autre souci que de ne pas demeurer dans l'ignorance des Choses Anciennes que nous avons < obligation de savoir > (Gyl 19, 2-3).

Qu’est-ce que l'Arbre-Monde ? est évidement la question la plus importante de l’univers. Il est écrit que < les cerfs se nourrissent continuellement des feuilles de l'Arbre-Monde > (Grím, 33) : approfondir la science, l'amour, la méditation du Grand Frêne est le régime d’un disciple du Vieux Maître lequel est tellement associé à l'idée de monter à cet Arbre, qu'on appelle celui-ci Yggdrasil, soit « ce que gravit Ygg » (Ygg, le Redoutable, étant un des surnoms de Wotan, qui est un redoutable cabaliste.)

Or donc : « Simple ».

Yggdrasil est le plan selon lequel le Divin, < la Force intelligente originelle >, crée constamment l’univers.

Et Yggdrasil est le plan de l’âme humaine. (C'est pourquoi le premier humain fut nommé « Frêne », Asker homonyme du mot anglais signifiant poseur de questions.)

Et Yggdrasil est le plan indiquant à l’âme humaine la méthode pour « gravir » l’univers, i.e. pour s’aligner, et entrer toujours davantage en résonance avec < la Force intelligente originelle > processus connu sous le nom d’« Initiation ».

Au physique, un arboriculteur classerait Yggdrasil dans la catégorie triple tronc et un amateur de bonsaï l’appellerait Sankan : les trois troncs du Grand Frêne portent respectivement les titres de Pilier de la Générosité (masculin, à la droite de l'observateur), Pilier de la Rigueur (féminin, à gauche), et Pilier du Milieu. 

Il ne s'agit pas d'un « bon » pilier, d'un « mauvais » pilier, et d'un pilier tiède : voyez les planètes signées par les trois runes du Pilier de la Rigueur : Calc ᛣ signe Saturne, le pouvoir de la Mesure, i.e. de la limitation fertileEar ᛠ signe Mars, le pouvoir « d’arracher les mauvaises herbes pour que les bonnes puissent croître » : annihiler le danger, combattre pour la JusticeÆsc ᚩ signe Mercure, le pouvoir de discernement intellectuel

Le Kennoal dit : < La Rigueur est la partie féminine du monde : il est gay de la voir en mal et gai de la voir en mâle >. Retenez : la rigueur est à la Création ce que la règle est au jeu. Or « gravir » est la règle, le sens de la vie. L'existence est un parcours accrobranche sans fin : quoi de plus rigoureux que l'action de « gravir », dont l'antonyme est « tomber » ? Une société tombe quand les hommes renoncent à l’effort de « gravir » : se détournant de Gar ᚸ, rune au sommet de l'Arbre-Monde, il vont naturellement vers Rag : d’où l’homosexualité, < crime contre la nature > (Pr, 35) duquel procède Ragnarök puisqu’il est le stade final de l’inertie : Pas d'épouse = pas de rigueur = aucun effort d’ajustement à faire entre piliers opposés. Ce n'est pas seulement de la flemme de n'avoir pas de femme c'est de la désertion, au sens authentiquement barbare du terme.

Frigg est l’épouse optimale parce qu’elle contraint Wotan à un ajustement perpétuel hard core (Cf. Grímnismál [BTW mention spéciale aux auteurs du dernier épisode de Thorgal pour la merveilleuse intervention de notre reine ]), c'est-à-dire à un vigoureux travail d'adoucissement de la Rigueur (et on sait la constance dont l'infatigable vieillard est capable en ce domaine...). Même ainsi, le Vieux Maître n'obtient « que » Baldr, dont le manque de Rigueur (on a négligé le gui) causera la perte. Connaissant le système, il augmente alors la dose, épousant Gríd (épitomé de la mégère, donc du principe de Rigueur invivable) afin d'amener Vidar, la réparation finale du monde. Alu.

mardi 29 novembre 2016

Ymir is Dead

La Mort d'Ymir, par Erwan Seure Le Bihan

ᚢ. Bel échange épistolaire sur les chapitres 8 et 9 de la Gylfaginning, comportant cette admirable remarque de ma correspondante : « L’étude tendait, en fait, à répondre à la question : pourquoi Ymir ? comme dans : pourquoi la destruction ? Pourquoi Ragnarök ? etc.  »

Exact ! Nos Sages disent : < Le Novice ne peut être Goði que s'il tue le vieux géant du givre > (i.e. s’il recadre ses mauvais traits de caractère). Mais < l’Ymir-est-Mort de la Saison Sainte vaut pour toute l'année ! > – le principe de l'entre-chien-et-loup, i.e. le principe de « destrucréation » (= destruction et création sont toujours simultanées, comme au cours de l'orgasme masculin), ce principe, dis-je, est général, applicable à tous les plans de l’existence.

Ainsi :

1. Búri : Au Commencement était l’Enthousiasmele dieu-à-l’intérieur : chaque Nouveau Chapitre de nos Sagas personnelles procède d'Ingwaz ᛜ, la goutte de rosée : une Lumière créatrice gratuite reçue d'En haut, destinée à aider notre démarrage : c’est la phase Búri-né-des-glaces. 

[Exemple : Après avoir entendu Alexander Markov jouer les Caprices de Paganini, je décide brusquement de devenir violoniste virtuose.]

2. Borr : On passe de l'exaltation primordiale aux douleurs de l'application (colletage à la réalité, renoncement au virtuel, etc.) – c’est le mariage de Borr et Bestla : supplices et délices de l’ajustement conjugal... 

[= J’acquiers un violon, prends des cours, fais des gammes au vif mécontentement de mon entourage immédiat, etc.]

2bis. Tyrannie d’Ymir sur les enfants de Borr : Instantanément, les difficultés se présentent : Ymir [le < vieux géant du givre > = moi-ne-sachant-pas-jouer-du-violon] et ses enfants [paresse, dépit, conscience de l’échec, désespoir de l’entourage à bout de nerfs, compagnons de beuverie s'estimant délaissés, etc.] deviennent tyranniques [me poussent à renoncer].

3. Meurtre d’Ymir : Triomphe sur les oppositions, destruction de l'obstacle : massacrer le vieux hrímthurse et noyer sa famille dans son sang !

[Ymir is Dead : j’envoie promener tout le monde avec un parfait manque de tact, et fais saigner mes doigts sur le violon jusqu’à ce que j'en joue comme Paganini !!]

4. Création de Midgard : Toute destruction a pour objet de nous permettre de reconstruire avec plus de vérité et de finesse : il n’y a aucune destruction dans nos vies qui ne soit destinée à les réagencer de façon meilleure. 

[= J’ai rompu avec mes compagnons d'orgie, mais je joue les Caprices dans le texte !]

Conclusion : Les fils de Borr ont entièrement transfiguré le monde à partir des restes d’Ymir : < le vieux géant du givre > a été taillé en pièces pour que l'extrême beauté, l'harmonie sublime de la Nature puisse nous émouvoir – et cette beauté, cette harmonie, est constituée de son cadavre pour nous rappeler que c'est une mise à mort qui a permis l'existence du monde tel que nous l'aimons. 

[= Les durillons au bout de mes doigts et les biffures dans mon carnet d’adresses ont fait de moi un farabuleux virtuose !]


Que votre Avent passe comme un rêve.

lundi 28 novembre 2016

Enfant de Hrímthurse

Wotan, par Giapetto

Haltr ríðr hrossi hjörð rekr handarvanr daufr vegr ok dugir blindr er betri en brenndr sé nýtr manngi nás. (Hávamál 71)

. On demande parfois comment il se fait que le Fimbulthul (Suprême Grand Prêtre) soit Wotan dont, – outre les mœurs extrêmement critiquables (n'est-il pas surnommé Vingnir, le Dépravé ?), – l’hérédité, du côté maternel, n’est vraiment pas reluisante du tout... –, et non, par exemple, Forseti de Glitnir, fils de Baldr et Nanna, à qui ses brillants géniteurs, et le raffinement des générations, devraient, en bonne logique, permettre de dépasser largement son grand-père.

La réponse est, comme toujours, que la lignée paternelle confère le « voltage » de l’âme, et la lignée maternelle le talent, c’est-à-dire l’application pratique de ce voltage : être fils de Borr permet au grand Wotan Fengr (1) d’attraper des Compréhensions extrêmement élevées – être fils de Bestla lui permet de les faire descendre très bas dans la matière, de les rendre praticables, même aux gens les plus éloignés.

Comme on dit : Amenez au Grand Prêtre un jeune cassos blanc, drogué, vêtu rasta, qui mange hallal, parle sabir, et joue à GTA toute la nuit : s’il arrive à lui faire vivre l’Edda là où il est, il est vraiment Grand Prêtre : c’est, certes, une chose immense qu'être vitur nemandi (2), mais le vrai tour de force consiste à relayer les Hautes Lumières jusqu'à l'homme du commun : d'où la forme et le nom de la rune Kennaz ᚲ : le job du Fimbulthul est de faire mentir la Volva en faisant pénétrer la lumière d'Ókólnir jusque dans Naströnd.

A l'époque du Temple d'Uppsala, nos Sages attendaient de l’homme qu'il fît des efforts intenses pour se hisser aux niveaux supérieurs : on exigeait le Surhumain. Aujourd’hui, l'Ultime Grand Prêtre ne nous demande même pas de changer simplement d’être attentifs (< Hlióðs, mögo Heimdalar >) et lui – ein sköpuðr galdra, le Maître des Mots, – adaptera le langage pour nous, afin que notre chemin s'éclaire où que ce chemin se situe : voilà pourquoi le grand Wotan est appelé Gagnrad à six reprises dans les Vafþrúðnismál : il nous donne de « judicieux conseils » quel que soit le « domaine de l'existence » où nous nous trouvons.

C'est le sens profond d’Hávamál 71, dont la dernière phrase, < en brenndr sé nýtr manngi nás >, peut se lire : < A moins que le cadavre ne brûle, ce n’est utile à personne > : Si le feu, – hyrr, le sens secret, magique ou mystique, de l’Edda – ne flamboie pas jusqu’à Naströnd (Náströnd = < rivage de l'homme mort >), c'est-à-dire : s'il n'éclaire pas jusqu'aux niveaux les plus éloignés, il ne sert à rien.

S’il éclaire, en revanche, tout change : < Haltr ríðr hrossi > : l’estropié (= l’être incapable de marcher droit, i.e. s'éloignant constamment du droit chemin) reçoit un < cheval > (= Ehwaz ᛖ, la rune du Soleil, dont Wotan se sert, nous l'avons vu, pour attirer l'esclave hors du bidonville). L'homme devient alors < handarvanr >, manchot : il ne « met plus la main », i.e. renonce à la consommation lambda pour le chemin spirituel – et devient, du coup, < hjörð rekr >, meneur de troupeau, Gardien pour le peuple (Pr, 42).  

Dès lors, < daufr >, i.e. sourd au vain babillage de Loki (l'Initié ferme son ouïe [= Wolfsangel = son Esprit] au bas-de-gamme), il devient capable d'un Siðr prodigieux (< vegr ok dugir > = il fait des prouesses au combat), jusqu'à ce que, finalement, son intelligence (intus legere = lire à l'intérieur) des Mystères (vue = rune Sol = feu = hyrr) soit directe, et qu'on n'ait plus besoin de rien lui servir contracté dans un emballage : la forme lui est inutile, puisqu'il accède à l'Essentiel :  or, l'Essentiel, dit le Renard, étant invisible pour les yeux, < blindr er betri : le meilleur est aveugle >.

Voilà pourquoi le grand Wotan est surnommé Blindi, l'Aveugle, bien qu'il ne soit, physiquement, que borgne : le Vieux Maître ne voit que votre âme dans sa vérité brute stellaire et ne se soucie pas de la curieuse burka d'hystérie, de conditionnements et d'ordures dont vous avez cru devoir la recouvrir.

Que votre Avent passe comme un rêve.

***

Notes : 

1. Fengr : « Celui qui attrape » ou « qui ramène », surnom du grand Wotan notre maître.

2. Vitur Nemandi : titre désignant un disciple surdoué, fierté de son maître, karmiquement voué à la Magie, et parvenant à une immense érudition en Edda (Litt : « Sage élève »).

dimanche 27 novembre 2016

Evil is Queer


Si la campagne présidentielle américaine a prouvé quelque chose, c'est que la médisance – l’intox médiatique – n’a, contrairement à ses prétentions (fourth power, etc.), aucune espèce de puissance intrinsèque, et ne peut, en réalité, rien contre le < vouloir que sous-tend la passion > – l’amour soumis à la volonté – l’arc bandé.

Le Kennoal dit : < evil is queer, ego is gay > : le fait que Loki soit rag nous révèle l’impuissance du méchant : Loki ne peut « monter » (he can't get it up) : il doit faire en sorte que Heimdall notre père accepte de descendre.

Étant une négation, une non-valeur, une absence, le mal ne peut triompher que si le bien accepte volontairement de se soumettre à lui : la chose vaut pour Loki-MSM vs. Heimdall-Trump, comme pour tous les autres contests qui rythment, aux trois plans de l'existence, nos parcours individuels et collectifs : Fenrir vs. Wotan, Iormungand vs. Thór, Garm vs. Týr, ou Surt vs. Frey.

Dans l'imaginaire collectif, la langue-de-vipère-colporteuse-de-ragots est traditionnellement une femme, ou un inverti, parce que la médisance, en tant que « lokisme » essentiel (Cf. Lokassena) (1), atteste, chez celui qui la commet, un « manque de Heimdall », i.e. une défaillance des vertus viriles, patriarcales (généralement due, psychologiquement, donc, à une absence du père, « as all gays have daddy issues », etc.).

L’hostilité-envieuse – i.e. la force négative, la maison de Loki est gay, parce qu’elle est une soumission-fascination qui se proclame qui fait son coming out qui veut qu’on la remarque (et plus si affinité...).

Ainsi, les LGBTQ transgenres (Loki) sont-ils obsédés 24/7 par la grosse férule du patriarche cishétéro blanc (Heimdall).

Ainsi, la recherche compulsive du pouvoir politique (leitmotiv de Fenrir) s'accompagne t-elle toujours, comme on sait, d'une peur panique/fascination pour l’Occulte (donc pour Wotan) : Joseph Fouché, type du « Fenririste », célèbre pour son amour-haine du très wotanique prince de Talleyrand, ne pouvait, dit-on, « pas faire trois pas tout seul dans le noir », et la hantise croissante des sortilèges qu'éprouvent les « dirigeants » de tout acabit à mesure que leur légitimité décroît (c'est-à-dire que leur tyrannie augmente) est proverbiale.

Ainsi, George Soros (Iormungand) est-il le parfait exemple du micheton qui doit soudoyer pour corrompre, c'est-à-dire l’antithèse/ersatz du Surhomme-qui-réagence-par-son-génie (Thór) : les activités de Soros trahissent « une absence de Mjöllnir », i.e. de Dimension Phallique (c’est bien pour ça qu’il faut qu’il paye... si le micheton avait un gros Mjöllnir, il serait maquereau... aucune jeune fille n’ignore l’atrophie humiliante que révèle, chez un monsieur, le port systématique d'énormes liasses de billets de banque...) : sa « philanthropie » destructrice-corruptrice procède d'une penis envy devant la Générosité fulgurante-régénérante de Thór.

Ainsi, être flic, maton, ou mouchard est-il une preuve irréfragable de lâcheté personnelle (Garm est l'aveu de ce que Týr est absent) (2), qu'accompagne néanmoins une fixation freudienne sur les armes (attributs du Guerrier).

Ainsi, Nietzsche a-t-il écrit des pages immortelles sur le fait que la haine gratuite (Surt) est toujours une « haine de nabot » (le Kennoal appelle Surt : < Wry Neck > ou <  Shorty’s Torticollis >), i.e. une jalousie envers le privilégié de naissance : elle est la marque même que l’individu est mal-né (roturier :  il lui manque la noblesse de Frey).

Evil is Queer. Ego is Gay.

Que votre Avent passe comme un rêve.

***

Notes :

1. Le fait que la médisance soit le  « lokisme essentiel » prouve qu'elle est la racine du mal, d'où le fait que son interdiction soit le premier ráðumk. L'Edda nous enseigne que la médisance procède d'une absence de fortiter in re en rapportant que la fabrication de Mjöllnir a valu à Loki d'avoir les lèvres cousues (Ská, 5) : tant que Mjöllnir manque, Loki ouvre la bouche.

2. Le binaire « Black Lives Matters vs. Blue Lives Matters » est un piège de l'Ennemi : la Siðvenja interdit les pouvoirs exécutifs et le multiculturalisme. Il ne faut vouloir ni Garm qui tue Týr (et combien de nos frères en Amérique du Nord ?), ni Surt qui tue Frey (et combien de nos frères en Afrique du Sud ?).